et si on parlais de littérature ? ?
je veux vous faire lire.
j'ai décidé de vous faire chier.
bon, déjà, cette année, pour le "projet scolaire des cours de français", j'ai lu 15 livres. Je suis en train d'en lire 2 autres. Youpi.
parmis ces livre, j'ai lu Pauline, d'Alexandre Dumas.
j'ai aimé, beaucoup, même.
j'vous ai recopié un extrait : ( déjà que je me suis faite chier à recopier, lis, s'il te plaît ! )Alexandre Dumas, Pauline, Chapitre 13 :[ ... ]
Je restai ainsi, assise et immobile, jusqu'au moment où ma lampe s'est mise à pétiller. Alors une idée affreuse, qui ne m'était pas venue jusque-là, me vint tout à coup; c'est qu'elle allait s'éteindre. Je jettai un cri de terreur et m'élançais vers elle : l'huile était presque épuisée. J'allais faire dans l'obscurité mon apprentissage de la mort.
Oh! que n'aurais-je pas donné pour avoir de l'huile à verser dans cette lampe. Si j'avais pu l'alimenter de mon sang, je me serais ouvert les veines avec mes dents. Elle pétillait toujours; à chaque pétillement sa lumière était moins vive, et le cercle des ténèbres, qu'elle avait éloignées lorsqu'elle brillait dans toute sa force, se rapprochait graduellement de moi. J'étais près d'elle, à genoux, les mains jointes; je ne pensais pas à prier Dieu, je la priais, elle...
Enfin elle commença de lutter contre l'obscurité, comme j'allais bientôt moi-même commencer de lutter contre la mort. Peut être l'animais-je de mes propres sentiments; mais il me semblait qu'elle se cramponnait à la vie, et qu'elle tramblait de laisser éteindre ce feu qui était son âme. Bientôt l'agonie arriva pour elle avec toutes ses phrases; elle eut des lueurs brillantes, comme un moribond* a des retours de force; elle jeta des clartés plus lointaines qu'elle n'avait jamais fait, comme au milieu de son délire l'esprit fiévreux voit quelquefois au-delà des limites assignées à la vue humaine; puis la langeur de l'épuisement leur succéda; la flamme vacilla pareille à ce dernier souffle qui tremble aux lèvres d'un mourrant; enfin elle s'éteignit, emportant avec elle la clarté, qui est la moitié de la vie.
Je retombai dans l'angle de mon cachot. A compter de ce moment, je ne doutais plus: car, chose étrange, c'était depuis que j'avais cessé de voir la lettre et le poison que j'étais bien certaine qu'ils étaient là.
Tant que j'avais vu clair, je n'avais point fait attention au silence: dès que la lumière fut éteinte, il pesa sur mon coeur de tout le poids de l'obscurité. Au reste, il avait quelque chose de si funèbre et de si profond qu'eussé-je la chance d'être entendue, j'eusse hésité peut-être à crier. Oh! c'était bien un de ces silences mortuaires qui viennent s'asseoir pendant l'éternité sur la pierre des tombes.
[ ... ]
*moribond: personne mourrantecelui là, qui suit, il est à lire absolument ( déjà c'est pas long du tout, des nouvelles, c'est passionnant, surprenant, lisez-le je vous en supplie, vous le regretterez pas, mais alors pas du tout !! )
Rainer Maria Rilke : Le coffret d'or
<3
lisez-le ...